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La télémédecine à valeur ajoutée
Dr Friedrich Köhler, Directeur du centre de télémédecine cardiovasculaire à l’Hôpital de la Charité à Berlin, présente une étude scientifi que intitulée « Partnership for the Heart » sur le suivi des patients souffrant d’insuffi sance cardiaque.
Les médecins utilisent déjà la télémédecine avec un grand succès dans de nombreux endroits du monde dans le cadre de la communication « doc2doc », que ce soit pour la transmission de données sur les patients, pour recueillir une seconde opinion médicale ou pour l’échange de connaissances. Le 16 novembre de cette année a été une journée déterminante pour accomplir une étape décisive dans la télémédecine « doc2patient ».
L’Hôpital de la Charité de Berlin et la Robert Bosch Health GmbH, avec plusieurs partenaires, ont présenté aux membres de l’American Heart Association à Chicago les résultats de leur étude fondamentale « Partnership for the Heart » sur la télémédecine. Ce projet de développement et d’essai d’une plate-forme mobile de monitoring a assuré le suivi médical pendant un an de 710 patients présentant une insuffisance cardiaque chronique, dans leur environnement personnel.
Les faiblesses cardiaques sont une des « épidémies » du XXIe siècle. Rien qu’en Allemagne, 1,3 million de personnes souffrent d’insuffisance cardiaque. Et tous les ans, 200 000 patients supplémentaires viennent s’y ajouter. Avec 350 000 hospitalisations par an, l’insuffisance cardiaque est la cause la plus fréquente de traitement stationnaire en Allemagne et représente jusqu’à 85 % des trois milliards d’euros de dépenses par an dans ce domaine.
Ces chiffres ont été l’une des raisons qui ont poussé le Ministère Fédéral de l’Économie à intégrer notre projet dans l’initiative technologique de l’État « next generation media » et de le subventionner avec presque 5 millions d’euros. Pour la première fois, il a été possible d’examiner de manière scientifique les effets complémentaires de la télémédecine sur les formes thérapeutiques classiques de la médecine de présence.
Lors de cette étude, 250 000 transmissions réussies de données de mesure ont été effectuées avec, dans 500 cas, la transmission d’électrocardiogrammes mobiles. Sur cette base scientifique établie, les résultats actuels de l’étude « Partnership for the Heart » démontrent que les systèmes de suivi télémédical possèdent une véritable valeur ajoutée face aux standards thérapeutiques connus jusqu’ici : pour les patients, les médecins et les établissement hospitaliers.
Ici, un intérêt tout particulier est apparu pour les patients à haut risque souffrant d’oedème et qui, au cours des 2 dernières années, devaient être hospitalisés pour être soignés.
C’est ainsi
- que la mortalité de ce groupe de patients a pu être réduite d’environ la moitié pendant la durée du projet
- et que le nombre de séjours hospitaliers nécessaires pour ces patients pendant la durée de l’étude a pu être réduit de 20 pour cent en moyenne.
Presque tous les patients ont indiqué que le suivi télémédical avait amélioré leurs performances physiques et leur qualité de vie. Outre un grand sentiment de sécurité, les patients ont pu ainsi rester plus longtemps chez eux et ainsi, dans leur environnement social.
Cette étude permet pour la première fois d’obtenir une définition exacte des groupes de patients souffrant d’insuffisance cardiaque chronique qui profiteront le plus du suivi télémédical. Un suivi thérapeutique télémédical pourrait représenter un « Bridge to Stability » pour ce type de patients.
Ces résultats essentiels présentés lors du congrès de cardiologie du mois dernier ont constitué une étape importante dans l’évolution de la télémédecine, depuis l’étude scientifique à la télémédecine sur ordonnance dans le système de soins habituel.

